L’utilisation du texte électronique pour maintenir les cours de comptabilité à la fine pointe
Le défi à relever
En tant que professeurs qui formons les leaders de demain, nous avons une grande responsabilité à assumer, soit de fournir à nos étudiants l’information la plus courante possible. Par exemple, il n’y a pas très longtemps, les organes de réglementation comptable nationaux et internationaux ont établi de nouvelles règles importantes qui modifient sensiblement les exigences en matière de comptabilité.
Par suite du scandale Enron aux États-Unis, les organes de réglementation gouvernementaux se sont aussi vite empressés à établir de nouvelles normes. Maintenir les cours à jour dans un environnement aussi fluide s’avère un défi de taille. Ce processus est d’autant plus compliqué par les deux facteurs suivants :
- la plupart des manuels de comptabilité sont révisés tous les trois ans;
- selon Albrecht et Sack (2000, 53), les manuels ont tendance à servir de moteurs de cours.
La suggestion proposée
Une des façons de régler ce problème consiste à élaborer un cours pour lequel le « texte » principal consiste en des renseignements fiables et à jour compilés et envoyés au système de réserves électroniques de l’université. (Pour éviter les violations au droit d’auteur, il faudra peut-être ajouter au texte principal un court texte original.)
Les cours préparés principalement à partir de renseignements électroniques font contraste avec le modèle que bon nombre de professeurs (dont nous-mêmes) utilisent traditionellement, à savoir la mise en réserve de matériel de cours qui complète un texte principal assez long.
Le concept d’utilisation d’un texte électronique comme texte principal a découlé de discussions tenues avec plusieurs de nos étudiants. Ces derniers avaient alors fait remarquer qu’ils trouvaient que c’était le matériel didactique que nous mettions dans les réserves électroniques qui leur était le plus utile du fait qu’il était si opportun. De plus, les étudiants nous ont fait savoir qu’ils préféraient les ressources auxquelles ils pouvaient avoir accès, en tout temps, à même leur ordinateur.
Lignes directrices concernant la mise en oeuvre
Il y a un certain nombre de facteurs dont il faut tenir compte pour faciliter le passage à l’élaboration de cours dont le texte principal se trouve dans les réserves électroniques.
- Premièrement, il est important de comprendre les façons dont nous avons le droit d’utiliser le matériel protégé par le droit d’auteur. Par exemple, dans bien des cas, les lois régissant le droit d’auteur exigent que les professeurs obtiennent du détenteur du droit d’auteur la permission d’utiliser le matériel ainsi protégé. En revanche, le matériel du domaine public (p. ex. celui à l’égard duquel le droit d’auteur a expiré) peut généralement être utilisé sans qu’on ait à obtenir la permission du détenteur du droit d’auteur. Par conséquent, les lois régissant les droits d’auteur influent sur le temps et les coûts nécessaires à la compilation du matériel de cours. Les centres d’information sur les droits d’auteur peuvent aider les professeurs à obtenir la permission d’utiliser dans leurs textes électroniques du matériel protégé par le droit d’auteur (p. ex. le Post-Secondary Electronic Course Content Service (PSECC) du Canada).
- Deuxièmement, il est essentiel de choisir le matériel qui convient le mieux au cours. Il peut s’agir tant de matériel protégé par un droit d’auteur que de renseignements du domaine public. Au moment de sélectionner le matériel didactique, il importe de tenir compte de la question soulevée par Albrecht et Sack (2000, 630), à savoir « Est-ce que la matière enseignée et la mesure dans laquelle nous traitons de différents sujets sont vraiment importantes dans le monde des affaires actuel…? » Pour pouvoir répondre à cette question, il faut passer en revue les écrits, consulter des professeurs d’autres établissements et obtenir les conseils d’organisations professionnelles (p. ex. AICPA 1999, 2000; IMA 1999; Robert Half International, Inc. 2001).
- Tout le matériel à inclure dans le texte électronique doit être opportun et fiable et il doit répondre aux besoins du public visé. Il est évident qu’il faut trouver du matériel opportun étant donné qu’il s’agit de la raison péremptoire d’utiliser le texte électronique. Il est aussi très important que les étudiants comprennent le matériel. Smith et DeRidder (1997) ont trouvé que la compréhensibilité pour les étudiants est le facteur principal dont tiennent compte les professeurs de comptabilité au moment de choisir des textes. Enfin, la fiabilité du matériel, surtout de celui qu’on trouve dans Internet, est une source de préoccupation.
Pour et contre
Pour
- Un des avantages évidents du texte électronique est son caractère opportun par rapport au texte traditionnel. En effet, comme le contenu du texte est fluide, nous pouvons, au besoin, y ajouter du matériel ou en supprimer. Le texte reflète ainsi vraiment les renseignements qui font autorité en la matière.
- Nous pouvons aussi ajouter du matériel si les étudiants signalent qu’ils ont besoin de plus d’aide dans un domaine particulier.
- Les étudiants peuvent facilement avoir accès au matériel de différents endroits sans avoir à transporter de gros manuels.
- Les étudiants sont aussi reconnaissants des coûts moindres liés à l’utilisation d’un texte électronique plutôt que d’un texte traditionnel.
Contre
- Le plus gros désavantage lié au recours à un texte électronique, c’est le temps qu’il faut pour assembler le matériel. En effet, dans bien des cas, nous mettons énormément de temps à trouver des sources à inclure dans le texte.
- Un texte qui reflète vraiment les dernières nouveautés en matière de théorie et de réglementation comptables n’est jamais vraiment « complet ». Nous cherchons constamment du matériel nouveau ou meilleur pour compléter ou remplacer l’ancien matériel. Toutefois, rappelez-vous que pour garder un cours à la fine pointe, il faut y consacrer autant de temps que nous en consacrons pour rester à l’affût des nouveautés qui surviennent dans la profession.
Conclusion
Nous avons proposé l’utilisation d’un texte électronique comme moyen de garder les cours de comptabilité à la fine pointe. Nous croyons que cette approche donne aux professeurs de comptabilité une façon novatrice et rentable de s’assurer que le contenu de leurs cours reflète les dernières nouveautés dans le domaine.
Références
American Institute of Certified Public Accountants (AICPA). Focus on the Horizon, the CPA Profession in 2011. (New York : AICPA). 1999.
2000. Vision-Aligned Academic Framework. Disponible à : http://www.aicpa.org/edu/corecomp.htm.
Albrecht, W. S. et R. J. Sack. « Accounting education: Charting the course through a perilous future », projet entrepris conjointement par : AAA, AICPA, IMA, Arthur Andersen, Deloitte and Touche, Ernst and Young, KPMG et PricewaterhouseCoopers. Dans Accounting Education Series, Vol. 16. (Sarasota, FL: AAA), 2000.
IMA. Counting More, Counting Less: Transformations in the Management Accounting Profession. (Montvale, NJ : IMA), 1999.
Robert Half International Inc. Next Generation Accountant: New Competencies, Converging Disciplines, Expanding Roles, (Menlo Park, CA: Robert Half International Inc.), 2001.
Smith, K. J. et J. J. DeRidder. « The selection process for accounting textbooks: general criteria and publisher incentives—a survey », dans Issues in Accounting Education 12 (Fall) : 367-384, 1997.
Dawn Massey et Joan Van Hise
Fairfield University