La science de l'enseignement: la rétention des connaissances chez les étudiants

 

Forum des formateurs

La science de l’enseignement : la rétention des connaissances chez les étudiants

Les résultats d’une foule de recherches peuvent aider les enseignants à être plus efficaces en classe. Les paragraphes ci-dessous présentent le résumé de deux études portant sur la mesure dans laquelle les étudiants retiennent l’information. En ce qui a trait à la première étude, les chercheurs ont trouvé que faire des pauses pour permettre aux étudiants d’assimiler ce qui a été dit accroît la rétention de la matière par ces derniers – essentiellement, si les enseignants parlent moins, les étudiants apprennent plus. Quant à la deuxième étude, elle démontre que les étudiants apprennent davantage quand on leur fournit moins de contenu nouveau et qu’on leur donne plus de temps pour renforcer les faits et concepts présentés.  

Les pauses durant les exposés

RUHL, K. L., C. A. HUGHES et P. J. SCHLOSS. « Using the pause procedure to enhance lecture recall », dans Teacher Education and Special Education 10 (hiver): 14–8, 1987.

Dans le cadre de cette étude, un enseignant faisait une pause de deux minutes à trois occasions durant cinq exposés magistraux; les intervalles entre les pauses variaient de 12 à 18 minutes. Pendant les pauses, tandis que les étudiants travaillaient par deux pour discuter de leurs notes et y retravailler, il n’y avait aucune interaction entre l’enseignant et les étudiants. À la fin de chacun des exposés, ce dernier donnait trois minutes aux étudiants pour écrire tout ce qu’ils se rappelaient de l’exposé (rappel libre); 12 jours après le dernier exposé, il leur a également donné une épreuve à choix multiples comportant 65 questions afin de mesurer leur rétention à long terme. Un groupe témoin a assisté aux mêmes exposés (mêmes anecdotes et mêmes aides visuelles) et a subi les mêmes évaluations. Les résultats ont été frappants et constants à l’égard de deux cours différents donnés à deux sessions : les étudiants qui ont assisté aux cours magistraux durant lesquels l’enseignant faisait des pauses ont obtenu un score significativement supérieur au rappel libre et à l’épreuve globale. Effectivement, l’ampleur de la différence entre le score moyen des deux groupes était assez considérable pour qu’il y ait une différence de deux notes alpha (selon les seuils)!  

Les résultats de cette étude sont renversants. Ils laissent entendre, essentiellement, que si nous parlons six minutes de moins, les étudiants apprennent davantage. Ces résultats contre-intuitifs découlent clairement de deux éléments : d’une part les exposés de courte durée (12-18 minutes) sont conformes aux recherches qui donnent à penser que la capacité des étudiants à retenir de l’information dégringole après 10 à 20 minutes et, d’autre part, en prenant part à une activité qui renforce les renseignements présentés, l’étudiant devrait apprendre davantage. Cette étude indique clairement que nous pouvons inclure dans nos exposés magistraux de courtes activités d’apprentissage par l’action sans qu’en souffre la matière apprise. En effet, les étudiants semblent en apprendre davantage de cette manière.  

La densité de l’information

RUSSELL, I. J., W. D. HENDRICSON et R. J. HERBERT. « Effects of lecture information density on medical student achievement », dans Journal of Medical Education 59 (novembre): 881–9, 1984.

Les auteurs de ce rapport d’étude, préoccupés par la vaste quantité d’information contenue dans les manuels de médecine et l’impression que semblent avoir les chargés de cours qu’il leur faut aborder encore plus de matière dans le temps à leur disposition, ont examiné l’effet de la densité de l’information sur la rétention de la matière chez les étudiants. Ils ont préparé trois exposés différents sur le même sujet. Quatre-vingt-dix pour cent des phrases contenues dans l’exposé à densité élevée fournissaient des renseignements nouveaux. En comparaison, seulement 70 p. 100 des phrases composant l’exposé à densité moyenne et 50 p. 100 des phrases de l’exposé à faible densité présentaient de l’information nouvelle. Pendant le temps qu’il restait, le chargé de cours renforçait la matière en répétant les idées clés, en mettant en évidence l’importance de la matière, en donnant des exemples concrets et en établissant des liens entre la matière et le vécu des étudiants. Les exposés ont été donnés à 123 étudiants répartis au hasard en trois groupes, lesquels n’affichaient aucune différence significative quant à la moyenne pondérée cumulative. Enfin, les étudiants ont subi une évaluation préalable qui n’a indiqué aucune différence significative quant à leurs connaissances ainsi que deux évaluations après l’expérience, soit une immédiatement après l’exposé et l’autre, non annoncée, 15 jours plus tard.  

Les résultats statistiques montrent clairement que les étudiants qui ont participé à l’étude ont mieux appris la matière et l’ont mieux retenue quand la densité d’information nouvelle présentée durant l’exposé était faible. Autrement dit, la quantité d’information nouvelle que les étudiants peuvent assimiler dans une certaine période de temps est limitée et les enseignants ratent leur objectif quand ils excèdent cette limite. (Qui parmi nous n’a jamais dépassé le temps accordé pour voir « juste une autre chose »?) Les résultats de cette étude laissent supposer que les enseignants auraient intérêt à ne présenter que la matière nécessaire pour atteindre les objectifs d’apprentissage : environ seulement 50 p. 100 de la matière présentée durant un exposé devrait être nouvelle. Le reste du temps devrait être consacré à de la matière ou à des activités conçues pour renforcer la matière apprise dans l’esprit des étudiants.  

Cette étude revêt de l’importance du fait qu’un des principaux obstacles constamment invoqués par les professeurs relativement à l’apprentissage par l’action est le fait qu’« il y a simplement trop de matière à aborder ». Apparemment, moins de contenu nouveau et plus de temps passé à renforcer les faits et les concepts présentés (ce qui pourrait comprendre l’apprentissage par l’action) donnera lieu à un meilleur apprentissage chez les étudiants.  

Pour en apprendre davantage sur l’enseignement collégial et sa science, visitez le site suivant : http://php.indiana.edu/%7Enelson1/TCHNGBKS.html.

printerimprimer
emailIl faut remplir tous les champs obligatoires