Chère Angie

Chère Angie

Vous m’avez posé de nombreuses questions sur la manière de rendre vos cours plus intéressants et sur la façon d’augmenter l’apprentissage des étudiants tout en améliorant le rendement en classe du professeur. J’ai donc consulté mes collègues de Lethbridge et leur ai demandé des conseils avant de rédiger cette chronique Chère Angie. Ils ont apporté d’excellentes réponses aux questions que vous avez soumises.


Chère Angie,
J’enseigne depuis peu la théorie comptable et je crois que ce cours ennuie mes étudiants. Jusqu’à maintenant, j’ai donné des cours magistraux et essayé de stimuler la discussion. Les étudiants doivent rédiger des travaux sur les sujets que nous abordons. Les évaluations que les étudiants font de moi ne sont pas très bonnes. Au secours!
Piétiné en Colombie-Britannique

Cher « Piétiné en Colombie-Britannique »,
Une de mes collègues et excellente professeure a enseigné la théorie comptable à maintes reprises. Toni Nelson présente son cours sur la théorie comptable sous forme de débat parce que «  l’examen des deux facettes d’un problème constitue la meilleure façon d’apprendre et de comprendre ». De plus, durant des débats, les étudiants ont parfois à défendre des points de vue qu’ils ne partagent pas, ce qui les oblige à faire des recherches et à explorer des aspects qu’ils auraient autrement ignorés. Toni demande également à ses étudiants de rédiger des exposés de principes sur deux des sujets ayant fait l’objet de débats. Les étudiants, peu importe le côté qu’ils soutiennent, doivent de plus fournir au reste de la classe une liste des références auxquelles ils ont eu recours. Lorsqu’ils rédigent leur exposé, les étudiants doivent utiliser la liste des références correspondant au débat qui les intéresse pour faire leurs recherches et présenter leur opinion sur le sujet.

Toni permet à ses étudiants de remettre une ébauche de leur exposé de principes. Elle leur indique les aspects à améliorer, dont les problèmes d’organisation, la faiblesse de certains arguments et les points qui ne sont pas clairs ou qui ne sont pas appuyés par des faits. Les étudiants peuvent alors corriger leurs travaux et les étayer avant de remettre le produit final. Pour Toni, l’apprentissage est bien plus important que les notes.

Dans son cours, l’examen final se fonde sur un article ou un reportage paru dans un journal ou une revue d’affaires. Les étudiants doivent se servir des théories exposées dans le cadre du cours pour expliquer, interpréter ou critiquer une nouvelle ou un événement d’actualité.

On dirait bien une formule intéressante qui oblige les étudiants à participer activement, même lorsque ce ne sont pas eux qui présentent. J’espère que ces différentes façons de faire pourront vous aider à mieux structurer votre cours sur la théorie comptable.


Chère Angie,
Je compte former des groupes dans un des cours de comptabilité que j’enseignerai l’an prochain et je ne sais pas trop comment m’y prendre. Des conseils?
Dans le doute à Windsor

Cher « Dans le doute à Windsor »,
Deb Jarvie, professeure à l’Université de Lethbridge, fait un travail extraordinaire en ce qui a trait à la conception et à la mise en oeuvre de cours d’introduction à la comptabilité financière et à la comptabilité de gestion, cours dans lesquels elle a recours à des groupes. La manière dont elle forme les groupes et gère la classe et les groupes semble très bien fonctionner. Deb obtient régulièrement les meilleures évaluations offertes par les étudiants de notre faculté.

Étape no 1 : Deb offre des cours qui favorisent l’interaction; la communication entre étudiants ainsi que celle entre les étudiants et le professeur font partie intégrante de son processus pédagogique. Au début de chaque semestre, elle tient une discussion pour établir les règles à respecter en classe. Cet exercice a pour but d’amener les étudiants à comprendre le principe du respect (envers eux-mêmes, les autres et le professeur). Elle s’assure aussi que les étudiants comprennent bien qu’en classe ou en groupe de discussion, il n’y a qu’une seule personne qui parle à la fois.

Étape no 2 : Durant la première semaine de cours, Deb permet aux étudiants de lui envoyer par courriel les noms des personnes avec lesquelles ils souhaitent ou non travailler. À partir de cette information, Deb essaie de former des groupes, tout en respectant les volontés de ses élèves.

Étape no 3 : Une fois les groupes formés, une partie d’un cours est consacrée à la définition des objectifs et des normes de chacun des groupes. Les étudiants rédigent un contrat, en fonction des objectifs et des normes convenus, que chaque membre du groupe doit signer.

Étape no 4 : Pendant le reste de ce cours, Deb demande aux étudiants de partager avec les autres leurs expériences de travail en groupe, les meilleures comme les pires. Elle s’assure que les leçons à tirer de ces expériences sont bien claires afin que les étudiants puissent faire référence aux meilleures expériences et éviter de répéter les plus malheureuses.

Étape no 5 : À la fin du semestre, chaque étudiant doit évaluer les autres membres de son groupe et remettre cette évaluation au professeur. Les notes de chaque étudiant pour les travaux de groupe sont pondérées en fonction des évaluations de leurs pairs.


Chère Angie,
Quelqu’un pourrait-il me proposer des exercices intéressants pour donner de la vie à un cours sur la vérification?
Plein d’espoir à Saint Mary’s

Cher « Plein d’espoir à Saint Mary’s »,
Une de nos professeurs de vérification, Lori Kopp, nous a fait part de l’intéressante expérience qu’elle a vécue durant son cours d’introduction à la vérification. Elle utilise l’exercice décrit dans les lignes qui suivent, durant le cours qui suit l’examen de mi-session, et elle informe les étudiants qu’ils n’ont rien à préparer pour ce cours. L’exercice se fonde sur un cas, soit Sounds Great Incorporated, préparé par Steve Salterio de l’Université Queen’s. Il est possible de l’obtenir gratuitement au Centre for Accounting Ethics de l’Université de Waterloo, pourvu de reconnaître le droit d’auteur. Vous pouvez le commander sur le site www.arts.uwaterloo.ca/ACCT/ethics/cases.htm.

Le cas est un exercice de jeux de rôles à faire en classe. Trois ensembles de faits différents sont remis respectivement aux vérificateurs, aux administrateurs supérieurs des affaires financières (ASAF) et aux comités de vérification. Le cas dont il est ici question porte sur un différend entre les vérificateurs et la direction qui doit être tranché par le comité de vérification. Le problème en cause concerne le moment opportun pour la comptabilisation des produits et des dépenses qui y sont liées en vertu d’une nouvelle politique d’établissement des prix associée à une garantie prolongée et à une vente de produits combinées. Les professeurs peuvent toutefois modifier les faits inhérents au cas pour y intégrer d’autres questions comptables.

Lori demande des volontaires pour les rôles de vérificateurs et d’ASAF (lorsqu’elle a une classe de 35 étudiants, elle place sept personnes dans chacun des groupes). Le reste de la classe compose le comité de vérification du conseil d’administration. Il y a un scénario différent pour chacun des trois groupes.

La classe tient ensuite une discussion de groupe de 20 à 30 minutes. Le groupe des vérificateurs et celui des ASAF se réunissent séparément pour discuter de la manière dont ils vont présenter leur cas au comité de vérification. Pendant ce temps, le comité de vérification détermine de quels autres renseignements il aura besoin pour rendre une décision.

À la fin de la discussion, Lori divise la classe en sept groupes. Chaque groupe compte un vérificateur, un ASAF et des membres du comité de vérification. Dans chacun des groupes, le vérificateur et l’ASAF présentent leur cas aux membres du comité de vérification. Les membres du comité de vérification posent ensuite des questions au vérificateur et à l’ASAF et ils notent alors les arguments présentés par chacun d’eux selon une échelle de 11 points. Un chiffre moins élevé signifie généralement que le comité appuie le point de vue de la direction; une note située vers le milieu de l’échelle révèle une incertitude et un chiffre plus élevé dénote un soutien pour le point de vue du vérificateur. Le comité de vérification doit justifier les notes qu’il accorde et les remettre à Lori.

Au cours suivant, Lori affiche les résultats. La discussion se poursuit ensuite pendant une partie du cours. On profite également de cette occasion pour présenter un résumé des résultats. Lori affirme que ce cas soulève toujours d’excellentes discussions en classe et qu’il fournit une expérience d’apprentissage intéressante.


C’est tout pour cette fois-ci. J’espère avoir le plaisir de vous rencontrer à Vancouver, au congrès de l’ACPC. En attendant, pensez aux grandes choses que vous réalisez dans vos classes respectives. N’hésitez pas à envoyer un courriel à « Chère Angie » pour que nous puissions partager votre expertise (angela.downey@uleth.ca).

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