Chère Angie

Chère Angie

Bienvenue, une fois de plus, à la rubrique Chère Angie. Avant de répondre aux questions de ce mois-ci et de vous présenter quelques excellentes suggestions, je me permets de résumer les cinq séances axées sur la formation qui ont eu lieu lors du Congrès annuel 2004 de l’ACPC. Quel plaisir que de rencontrer autant de professeurs dévoués et d’assister à de stimulantes séances axées sur la formation! J’espère que vous participerez en grand nombre au prochain congrès, qui se tiendra à Québec, et que vous prendrez connaissance du travail réalisé par le Comité de formation. On y présentera des sujets qui sauront intéresser toutes les personnes à qui la formation en comptabilité tient à cœur.

Le congrès

Séance 1 : Les défis propres à l’enseignement de la comptabilité - Débat ouvert

David Drake a animé ce débat auquel ont assisté de nombreux participants. Maintes préoccupations ont été émises relativement à l’engagement des étudiants face aux travaux de cours. Les questions portaient principalement sur la manière d’inciter les étudiants à faire les lectures demandées avant de se présenter en classe, l’assistance aux cours et l’étude pour les examens ainsi que sur la façon générale de les inciter à prendre leurs études au sérieux. Voici quelques-unes des suggestions proposées :

  • Donner un test sur le chapitre à lire, au début de chaque classe;
  • Accroître la participation en classe en tenant des discussions et mettre davantage l’accent sur la comptabilité comme source d’information utile à la prise de décisions par la direction;
  • Fournir les notes de cours et une copie papier des présentations PowerPoint avant le cours;
  • Exiger la résolution de trois ou quatre problèmes chaque jour, puis déterminer au hasard celui qui est à remettre (chaque étudiant a trois chances, c’est-à-dire la possibilité de ne pas remettre trois devoirs);
  • S’assurer que les étudiants connaissent les objectifs du cours; avoir des exigences élevées;
  • Distribuer les travaux à plusieurs groupes d’étudiants, puis choisir un groupe et lui demander de présenter la solution en classe;
  • Afin d’encourager les étudiants à s’améliorer, accorder des points bonis aux membres des groupes lorsque leurs notes de mi-session augmentent (p. ex., si les notes à l’examen de mi-session s’améliorent de 5 % par rapport à l’examen précédent, chaque membre du groupe obtient des points bonis);
  • Si des notes de groupe sont accordées, demander aux membres du groupe de s’évaluer les uns les autres;
  • Au début de la session, demander à la classe de préparer une « charte des attentes » pour que les objectifs soient bien clairs;
  • Discuter des cas intéressants en classe (Le Centre of Accounting Ethics de l’Université de Waterloo est une excellente source).

Séance 2 : La diversité culturelle - Discussion entre experts

Linda Carson a animé cette séance qui regroupait les experts Zhenyi Li (UBC), Judy Tsui (Hong Kong Polytechnic U) et Rosalie Tung (Université Simon Fraser). La discussion a porté sur les difficultés auxquelles sont confrontés les étudiants étran gers qui fréquentent une université nord-américaine ainsi que sur les problèmes qu’éprouvent souvent les professeurs durant leur interaction avec des étudiants étrangers. Cette séance s’est avérée très enrichissante!

J’ai été surprise d’apprendre les raisons pour lesquelles de nombreux étudiants asiatiques ne posent pas de questions ou ne participent pas activement en classe. Bon nombre d’entre eux sont issus de cultures où il est de mise d’écouter le professeur et de ne pas poser de questions. Le fait de poser des questions est souvent considéré comme une contestation de l’autorité du professeur. De plus, si on pose une question à laquelle le professeur ne peut pas répondre, ce dernier pourrait être déshonoré. Lorsque l’on connaît ces faits, il est plus facile de comprendre pourquoi certains étudiants ont de la difficulté à poser des questions en classe. En discutant de ces points au début d’un cours, vous pourriez favoriser une meilleure participation. Vous pouvez expliquer à ces étudiants que vous comprenez leurs préoccupations et que vous allez tout faire en votre pouvoir pour les mettre à l’aise afin qu’ils puissent poser des questions et participer activement.

J’ai également appris avec beaucoup d’intérêt que de citer textuellement son travail est l’un des plus grands compliments que l’on peut servir à un auteur chinois. Nous devrions donc expliquer aux étudiants dès le début du semestre que, bien que nous comprenions cette façon de faire, nous exigeons autre chose. Il faut ensuite leur enseigner la manière de faire correctement des références. Vous pouvez demander aux étudiants de consulter les travaux d’autres spécialistes et de les résumer dans leurs propres mots ou encore de comparer les travaux de plusieurs auteurs, pour que vous, le professeur, sachiez qu’ils comprennent bien la matière.

Séance 3 : Le déclin de l’ère de Pacioli - L’incidence du commerce électronique sur la comptabilité et la formation en comptabilité

Présidé par Robin Hemmingsen, ce groupe de discussion réunissant J. Efrim Boritz (Université de Waterloo), Alestair Nimmons (PricewaterhouseCoopers, s.r.l.) et Gerald Trites (Université St. Francis Xavier) s’est penché sur le développement du langage XBRL (eXtensible Business Reporting Language). Même si les machines peuvent communiquer entre elles, peu de mécanismes sont présentement en mesure de contrôler cet échange. Or, le langage XBRL rend ce contrôle possible. Les entreprises doivent de plus en plus utiliser le langage XBRL pour la présentation de documents aux différentes agences gouvernementales telles que l’Agence du revenu, et bientôt ce langage sera également utilisé dans les dossiers médicaux électroniques.

Le langage XBRL aura de sérieuses répercussions pour chacun d’entre nous, et plus particulièrement pour les vérificateurs. Il deviendra alors important de faire en sorte que les systèmes qui génèrent des renseignements financiers soient fiables et sécurisés. Nous devrons, par exemple, nous assurer que personne n’a trafiqué les renseignements affichés ou compromis leur intégrité d’une manière ou d’une autre. Il nous faudra établir des principes comptables généralement reconnus (PCGR) et des normes de vérification généralement reconnues (NVGR) qui s’appliqueront à tous les renseignements disséminés et qui serviront à la prise de décisions d’affaires.

Qu’est-ce que cela signifie pour les professeurs? Cela laisse entendre que nous devrions établir des liens entre les cours de comptabilité pertinents et les cours sur les systèmes d’information, puisque les futurs comptables et vérificateurs devront bien comprendre la gestion de données.

Séance 4 : Innovations dans l’enseignement de la comptabilité — Exposés des lauréats

Cette séance a été animée par Pascale Lapointe. Ian Feltmate et Ian Hutchinson (tous les deux de l’Université Acadia) ont montré un exercice à faire en classe qu’ils ont élaboré. Pour être certaine de rendre justice à leur travail, je demanderai toutefois aux deux Ian de présenter un résumé de leur exercice dans une prochaine chronique de Chère Angie.

Séance 5 : Le jugement professionnel et les normes de principes

Michael Gibbins (Université de l’Alberta) a dirigé le débat auquel ont participé Katherine Schipper (du FASB, mais qui présentait son point de vue personnel) et Daniel B. Thornton (Université Queen’s). En tant que Canadiens, nous croyons souvent que notre processus d’établissement de normes laisse une plus grande place au jugement par rapport au processus américain qui semble être plus axé sur les règles. Les participants à la discussion étaient bien armés pour débattre de cette question. Si vous enseignez différents aspects de la comptabilité ou des cours théoriques, l’information tirée de cette séance pourrait vous aider à tenir un débat sur le sujet dans votre propre classe. J’attends présentement la version électronique des diapositives présentées au cours de cette discussion. Je l’afficherai sur le site Web de l’ACPC dès que je l’aurai reçue. www.caaa.ca/faculty_development/education/aids.html.

La chronique

Chère Angie,
Que dois-je faire pour inciter les étudiants à lire un chapitre avant que je ne le présente en classe?
À l’écoute à Laurier

Cher « À l’écoute à Laurier »,
Il y a de très bonnes suggestions dans le résumé de la Séance 1 du congrès résumée précédemment. En outre, Barbara Trenholm, de l’Université du Nouveau-Brunswick, propose cette excellente idée :

Dans le cadre de nos cours de comptabilité générale ou de gestion, nous posons une courte question au début de chaque classe où nous devons entamer un nouveau chapitre. Cet exercice vise à inciter les étudiants à prendre connaissance de la matière avant qu’elle ne soit présentée en classe. Il s’agit d’une question relativement simple qui requiert une brève réponse, d’un « vrai ou faux » ou d’une question à choix multiples.

Les étudiants doivent fournir une réponse en moins d’une minute. La question vaut seulement un demi-point ou un point. Bien qu’au départ cela ne semble pas représenter beaucoup de points par rapport à l’effort nécessaire, les étudiants découvrent rapidement que ce sont les points les plus faciles à accumuler. Ces points peuvent de plus avoir une incidence sur la note finale (c.-à-d., 10 chapitres x 1 point = 10 points). Le fait de tenir un tel exercice toutes les semaines nous aide également à apprendre plus rapidement le nom des étudiants et nous permet de rapidement (quoique partiellement) contrôler les présences.

Le semestre prochain, nous utiliserons des tests d’auto-contrôle sur WebCT au lieu des questions sur les chapitres. Cette mesure obligera les étudiants à lire plus attentivement les chapitres avant qu’ils ne soient présentés en classe.


Chère Angie,
Que puis-je faire pour inciter les étudiants à faire leurs devoirs avant de se présenter en classe?
Essayant sans cesse à Edmonton

Cher « Essayant sans cesse à Edmonton »,
Nous semblons tous éprouver de la difficulté à faire travailler les étudiants! La suggestion qui suit est offerte par Elin Maher, de l’Université du Nouveau-Brunswick.

Je me suis demandée pendant des années quelle était la meilleure façon de faire comprendre les concepts difficiles. J’ai expliqué en long et en large de la matière difficile et donné des exemples détaillés, mais même cette méthode ne suffisait pas toujours. J’ai donc ajouté une nouvelle étape. Après avoir expliqué le concept aux étudiants et leur avoir donné un exemple, je leur présente un problème qu’ils doivent résoudre en groupe. Je choisis ensuite un groupe pour qu’il présente sa solution.

Ce travail en groupe fait toute une différence. Il permet aux étudiants de déterminer où se situent les difficultés. Ces derniers se font la leçon les uns aux autres et ils critiquent ensuite le groupe qui présente sa solution. Les quelques minutes supplémentaires qui sont consacrées à cet exercice valent leur pesant d’or.

Je remercie les professeures de l’Université du Nouveau-Bruns-wick pour les suggestions qu’elles nous ont offertes ce mois-ci. N’oubliez pas que vous adoptez tous des méthodes stimulantes dans vos classes et nous voulons les connaître. Cette année, je suis en congé d’études et je travaille dans le domaine de la recherche en santé à la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa; mon adresse courriel demeure toutefois la même. N’hésitez donc pas à écrire à Angie (angela.downey@uleth.ca).

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