Bienvenue à Chère Angie!
Le Comité de formation présente un nouveau forum qui nous aidera en salle de classe. Appelé Chère Angie, il ne s’agit pas du courrier du cœur, mais du courrier du formateur. Profitez de la chronique Chère Angie pour poser des questions, faire part de vos problèmes ou donner des conseils. Ceux-ci peuvent être génériques ou particuliers, mais ils doivent être assez détaillés pour pouvoir être mis en application en classe. Vous pouvez aussi proposer des « petits trucs »! Voici un exemple :
- Après avoir présenté le tableau de bord équilibré aux étudiants du cours d’introduction à la comptabilité de gestion, je demande à ces derniers de me proposer une entreprise en démarrage. Ils doivent me fournir les buts, les objectifs et la stratégie (p. ex. faibles coûts, différenciation) de l’entreprise en question.
- Je divise ensuite la classe en groupes et je demande à chacun des groupes d’aborder une des composantes du tableau de bord équilibré (p. ex. finances, clientèle, processus internes, apprentissage et croissance). Si vous avez beaucoup de groupes, assignez simplement la même composante à plus d’un groupe.
- Les groupes doivent cerner les facteurs de réussite clés de l’entreprise par rapport à la composante qu’on leur a assignée, déterminer ce qu’il faut mesurer pour assurer la réussite et préciser comment ils s’y prendront pour effectuer ces mesures. Je circule ensuite dans la classe pendant une vingtaine de minutes pour aider les étudiants et faire avancer les discussions tout en m’assurant que les éléments mesurés sont liés à la stratégie de l’entreprise.
- Quand je ramène la classe à l’ordre, je demande à quatre étudiants de noter les idées des groupes au tableau tandis que je suscite la discussion et les questions.
- La nécessité de déterminer non seulement « ce qu’il faut » mesurer, mais aussi « comment » il faut le mesurer en s’assurant que le tout cadre avec la stratégie énoncée favorise l’apprentissage. Ce processus dure presque une heure.
Vous trouverez, ci-dessous, la rubrique Chère Angie inaugurale. Le Comité de formation espère que vous profiterez de ce forum pour partager vos astuces en matière d’enseignement et obtenir des conseils fort utiles. Si vous avez des conseils à donner, n’hésitez pas à les partager! Si vous avez de la difficulté à faire comprendre un concept à vos étudiants, vous n’avez qu’à nous demander et nous tâcherons de trouver une solution. Vous pouvez demeurer anonyme – il suffit de me le faire savoir et j’utiliserai vos initiales ou un pseudonyme. (Veuillez noter que les articles peuvent être révisés si nous manquons d’espace).
Mon adresse courriel est la suivante : angela.downey@uleth.ca. J’espère recevoir de vos nouvelles bientôt!
Angie
Chère Angie,
Nous travaillons souvent en groupes dans nos classes. Toutefois, les étudiants semblent croire que les travaux de « réflexion » en groupes servent à s’amuser. Par conséquent, ils abordent les sujets de discussion moins rigoureusement que je ne le souhaiterais. Comment puis-je améliorer les résultats du travail de groupe?
Besoin de vous à Waterloo
Cher « Besoin de vous à Waterloo »,
Jane Bowen propose deux excellents exercices qu’elle utilise dans son cours de comptabilité financière. Vous pouvez appliquer ces idées à n’importe quel exercice de groupe pour améliorer tant la concentration que les résultats. Voici ce que Jane a à dire :
« J’avais cinq groupes comptant chacun six étudiants. Je voulais qu’ils passent en revue un état financier et qu’ils trouvent un procédé analytique que pourrait utiliser le vérificateur pour aider à déterminer si un montant particulier est exact. J’ai demandé aux étudiants de choisir un compte, de décrire le test utilisé et d’indiquer si celui-ci offrait des preuves suffisantes ou s’il fallait le combiner à d’autres éléments probants pour corroborer le montant. Le fait de laisser les étudiants travailler en groupes et de demander ensuite à tous les groupes de fournir des exemples a donné d’excellents résultats, tant sur le plan de la qualité que de la quantité. J’ai utilisé les techniques suivantes pour améliorer le rendement :
- Avant que les groupes amorcent leurs discussions, je place une fiche sur la table de chacun des groupes. Après une brève discussion, je demande aux groupes de noter leurs conclusions sur la fiche et de remettre celle-ci au prochain groupe. Le groupe qui présente le procédé peut demander au groupe qui l’a préparé de fournir des précisions ou des éclaircissements. Comme les étudiants rédigent leur conclusion en sachant qu’elle sera présentée par quelqu’un d’autre, ils font preuve d’une plus grande diligence. Vous pouvez recueillir les fiches à la fin de l’exercice pour consultation future.
- Quand les groupes amorcent leur travail, je place un transparent vierge devant la classe, puis je demande aux groupes d’y noter leur procédé. Chacun des groupes doit fournir un exemple différent pour assurer la diversité. Cette façon de faire incite les groupes à en venir à un consensus rapidement étant donné qu’il devient de plus en plus difficile de trouver un exemple original. J’utilise ensuite les transparents pour diriger la discussion en classe. Les groupes y contribuent au besoin. »
Jane et Angie veulent toutes les deux connaître d’autres façons d’améliorer le travail de groupe.
Chère Angie,
Je dois enseigner le concept de l’état de l’évaluation de la situation financière dans un cours d’introduction. Avez-vous des conseils utiles qui peuvent faciliter cet enseignement et le rendre plus efficace?
Je crie à l’aide de London
Cher « Je crie à l’aide de London »,
Il y a longtemps que j’ai étudié la comptabilité financière à fond. Est-ce que les lecteurs ont de bonnes idées à me proposer?
Chère Angie,
Bon nombre de nouveaux étudiants en comptabilité financière ont de la difficulté à saisir le concept du capital-actions et le fait qu’il s’agit simplement d’un investissement d’apport. Pouvez-vous m’aider à véhiculer cette idée à mes étudiants?
Curieux à Calgary
Cher « Curieux à Calgary »,
Brenda Blakely a une excellente idée pour aider vos cow-boys confus. Elle utilise une simulation pour faire passer son message.
- Quand les étudiants entrent en classe, je leur remets chacun un billet de 100 $ délivré par la « Banque de notre université » sur lequel se trouve la photo du directeur de notre programme au lieu de celle de la Reine. Je donne ensuite aux étudiants la possibilité d’investir en achetant des actions d’une valeur de 100 $ dans une toute nouvelle entreprise que nous sommes à lancer. Je leur fournis des certificats d’actions vierges qu’un cabinet d’avocats pourrait utiliser quand il constitue une société en personne morale. Une fois que toutes les actions ont été vendues, nous plaçons le premier bilan au tableau.
- Pour lancer notre entreprise, nous « achetons » à crédit un approvisionnement en suçons. Nous révisons ensuite le bilan pour illustrer notre inventaire et les comptes créditeurs en insistant sur le fait que l’état des résultats ne change pas. Les étudiants ont ensuite l’occasion d’acheter des suçons à une personne désignée commis à l’inventaire. Ils peuvent soit utiliser leur billet de 100 $ ou acheter à crédit s’ils reçoivent un crédit de l’étudiant désigné commis aux comptes débiteurs.
- Une fois que toutes les opérations ont été effectuées, nous mettons le bilan et l’état des résultats à jour afin de refléter les ventes au comptant et à crédit ainsi que le coût des biens vendus. Nous pouvons ensuite acquitter une partie de la facture du fournisseur, puis remettre le bilan à jour tout en insistant sur le fait que l’état des résultats demeure le même.
- Après avoir discuté des perspectives favorables à l’égard de l’entreprise (si on peut compter sur des gens qui sont prêts à payer un suçon 100 $!), je suggère que certains actionnaires voudraient peut-être vendre leurs actions à profit. Nous illustrons le fait que, comme ces opérations se font entre les investisseurs, elles n’ont pas d’incidence sur l’état des résultats. Nous pouvons discuter de la possibilité de verser des dividendes. Les étudiants voulaient aussi connaître l’incidence des actions rachetées (un concept abordé au début de notre manuel).
Cet exercice dure une vingtaine de minutes et il est bien reçu par les étudiants. Je trouve que le meilleur moment de le faire est après avoir présenté le bilan et l’état des résultats, soit trois semaines après le début du cours.
Chère Angie,
J’enseigne un cours de comptabilité intermédiaire et je trouve deux types des questions d’examen difficiles à évaluer, soit la méthode de l’avancement des travaux et le bénéfice par action. Comment puis-je amener les étudiants à organiser leurs solutions de manière à ce qu’elles soient faciles à évaluer? J’ai inclus dans les notes de cours des instructions étape par étape, mais l’évaluation de ces deux concepts continue à m’échapper.
Tourmenté à Toronto
Cher « Tourmenté à Toronto »,
Dans le cas de certains examens, j’accorde des notes pour le format ou la clarté. Par exemple, j’adopte cette méthode à l’égard des questions portant sur les unités équivalentes qui comportent des calculs à étapes multiples. Toutefois, je n’aime pas proposer de formats, car je trouve que ceux-ci guident trop les travaux des étudiants. Qui a des idées à ce sujet?
Chère Angie,
J’envoie une lettre officielle, sur du papier à en-tête, à l’adresse du domicile de tous les étudiants qui ont obtenu un A+ dans mon cours d’introduction. Les excellents étudiants sont souvent anonymes dans ces cours et ils méritent d’être félicités tant pour leurs aptitudes que pour leur désir d’exceller. Dans la lettre, je félicite l’étudiant et je lui souligne les efforts qu’il doit continuer à déployer pour maintenir sa note. Dans bien des cas, c’est par cette lettre que les étudiants découvrent la note qu’ils ont obtenue (bien que les notes soient maintenant affichées immédiatement dans Internet). Il reste que cette méthode est très positive pour les étudiants étant donné qu’elle leur donne la chance de dire « Maman, papa, regardez ça! » et de recevoir des encouragements. Je reçois beaucoup de rétroaction des étudiants et des parents quand ils reçoivent la lettre. Mon anecdote préférée est la suivante : un de mes étudiants avait perdu son complet dans l’avion en rentrant chez-lui à Noël et, par conséquent, était en disgrâce auprès de ses parents, jusqu’à ce que la lettre arrive. Jon a dit que sa mère s’est mise à pleurer en lisant lettre.
Joan Conrod
Chère Joan,
Quelle excellente idée! J’ai l’impression que les étudiants se souviennent longtemps d’avoir reçu cette lettre. J’aimerais bien suivre un cours avec toi! Cependant, je ne suis pas sûre que la Loi sur l’accès à l’information et la protection de la vie privée nous permettent encore d’avoir accès aux adresses des étudiants. Quelles autres idées inspirantes les lecteurs peuvent-ils nous proposer?
Chère Angie,
Que faire de mes étudiants en comptabilité qui ne savent pas écrire une phrase qui se tient? Je n’essaie pas d’enseigner l’anglais, mais leur manque d’aptitude à écrire est inacceptable dans le milieu des affaires.
Frustré à Fredericton
Cher « Frustré à Fredericton »,
Il se peut bien que nous soyons tous aux prises avec ce problème. Je passe énormément de temps à évaluer la qualité de l’anglais dans les études de cas. J’accorde des notes pour la grammaire, l’organisation des idées, etc. Toutefois, cela ne me permet pas de gagner du temps. Sommes-nous responsables des aptitudes à écrire de nos étudiants en comptabilité? Je crois que oui. Que pensez-vous de ce problème? Que pouvons-nous faire et que devrions-nous faire?